Analyse, débriefing, formation
Traiter l’information prend du temps. Ce temps se voit.
Une information arrive à bord. Elle est reprise, ou elle ne l’est pas. La réponse vient, avec un délai. PHASE place tout cela sur une seule ligne de temps : ce qui pesait sur l’équipage, ce qu’il faisait, ce que devenait l’avion, et ce qui tenait encore.
Une planche PHASE. Le temps court de gauche à droite. De bas en haut : les menaces, l’état de l’avion, puis l’équipage. Déplacez le curseur : il montre ce qui était actif à cet instant.
Ce que la planche fait voir
Trois gestes suffisent pour comprendre.
Un rapport raconte un événement par thèmes. Le lecteur reconstruit le temps dans sa tête, phrase après phrase. Sur la planche, le temps est déjà posé : il ne reste qu’à le parcourir.
- 01
Arrêter le curseur
À l’instant choisi, la planche rassemble ce qui était actif, strate par strate. « La check-list a été omise » devient « à cet instant, trois tâches étaient actives ».
- 02
Voir un délai
Un signal est disponible en bas de la planche. Rien ne s’allume au-dessus pendant vingt secondes. Le délai se lit sur l’axe, il n’a pas besoin d’être plaidé.
- 03
Ouvrir une fiche
Derrière chaque forme, une fiche dit d’où vient le fait et ce qu’il vaut : source, statut, niveau de preuve. La timeline montre ; la fiche établit.
Pour qui
Trois usages, une même planche.
Le même cas sert à la sécurité des vols, à la formation et à la recherche. Seule la question posée change.
Sécurité des vols
Le relevé FDA et le compte rendu ASR, enfin ensemble.
Les données de vol disent quand. Le compte rendu du pilote dit pourquoi. PHASE les synchronise sur une seule ligne de temps, puis en tire une proposition de formation.
Pour les compagniesFormation EBT et TRI/TRE
Chaque compétence au moment où elle joue.
Les observables EBT placés dans le temps, une lecture de découverte qui limite le biais de rétrospection, un débriefing qui porte sur la situation, pas sur la personne.
Pour la formationRecherche
Une grammaire explicite, un format de données lisible.
Chaque objet porte sa source et son statut. Les incertitudes restent visibles. La validation scientifique est en cours : nous cherchons des partenaires de recherche.
Pour la rechercheDe l’événement à la formation
Du matériau au cas, du cas à la séance.
- 1
Le matériau
Un rapport d’enquête public, un relevé FDA et un compte rendu ASR, une séance de simulateur ou un scénario construit. On commence par dire ce qu’il permet d’affirmer, et ce qu’il ne dit pas.
- 2
Le cas
Le récit est découpé en faits datés, placés dans l’une des dix strates. Chaque fait reçoit une fiche. Une chaîne d’analyse assistée par IA propose ; un analyste contrôle et décide.
- 3
La planche
Le cas devient une planche lisible sans légende. On la parcourt au curseur, on ouvre les fiches, on discute un objet, une fenêtre, une incertitude.
- 4
La formation
Les observables EBT en jeu, un scénario à rejouer au simulateur, les questions à poser en débriefing. Ce qui a marché est conservé, autant que ce qui a cédé.
La grammaire en trente secondes
Trois formes, trois remplissages, quelques marques.
Le losange dit ce qui survient, la barrette ce qui dure, le delta ce qui n’était pas attendu. Le blanc protège ou récupère, le gris fragilise, le hachuré informe. Pas de couleur, pas d’échelle de gravité : la planche se lit imprimée en noir et blanc.
Formes
- Losangece qui survient à un instant
- Barrettece qui dure ; la longueur est du temps
- Deltaécart à l'attendu (strate Erreur)
Remplissages
- Blancprotège ou récupère
- Grisfragilise
- Hachuréni l'un ni l'autre
Traits
- Tireténon connu de l'équipage
- AbcItaliquestatut non établi
- Trois chevronscontinue au-delà de la planche
- Un chevronfin posée par règle
- Coupeà partir d'ici, quelque chose change
- Curseurl'instant T
Aucune couleur sur les objets, aucune échelle de gravité. La longueur d'une barrette n'exprime ni intensité ni gravité.
D’où vient PHASE
Une méthode née du terrain, formalisée pour durer.
PHASE vient de l’instruction et de l’analyse d’événements. Une première version, alors nommée OOPS, a été présentée à HCI-Aero 2016, Paris, 14-16 septembre (communication non publiée dans les actes ; HAL hal-02468273). Selon le texte de 2016, le modèle a été utilisé deux ans en formation et employé par des formateurs auprès de 240 pilotes instructeurs de l’armée de l’air. La méthode actuelle en garde l’essentiel : l’entrée par la perception, la sortie par l’action, et la question « jusqu’où l’équipage est-il devant l’avion ? ».
- communication présentée à HCI-Aero 2016, Paris (hors actes)
- 2016
- communication présentée à HCI-Aero 2016, Paris (hors actes)
- d’usage de la première version en formation, selon le texte de 2016
- 2 ans
- d’usage de la première version en formation, selon le texte de 2016
- pilotes instructeurs de l’armée de l’air formés avec la première version
- 240
- pilotes instructeurs de l’armée de l’air formés avec la première version
- d’instruction environ pour le concepteur de la méthode
- 10 000 h
- d’instruction environ pour le concepteur de la méthode
Ce qui n’est pas encore établi, nous le disons : l’effet d’une planche codée sur l’apprentissage et la stabilité du codage d’un analyste à l’autre restent à mesurer. Cette validation est en cours, et elle est ouverte à des partenaires de recherche.
Le fondateurUn de vos événements, lu dans le temps.
Envoyez un message. Le fondateur vous répond personnellement, pour une analyse sur un cas de votre organisation, une séance de formation ou un échange de recherche.